Le tabagisme mondial recule… et la cigarette électronique y est pour quelque chose

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La dernière décennie dans le domaine des soins de santé a été décevante dans la majorité des pays de l’OCDE : l’allongement de l’espérance de vie a connu un coup de frein, tout comme la baisse de la mortalité néonatale. De même, la satisfaction du public à l’égard des services de santé publics a connu une contreperformance, notamment au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne.

Mais un point positif vient égayer le tableau : l’augmentation de l’utilisation des cigarettes électroniques a donné un élan inespéré à la lutte contre le tabagisme sans que cela ne coûte un centime au trésor public.

L’année 2019 a failli sonner le glas de la cigarette électronique

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année 2019 a été l’une des plus difficiles pour les e-cigarettes depuis leur apparition sur le marché mondial il y a un peu plus de 10 ans. La controverse sur le ratio entre leurs avantages et leur risque ne montre aucun signe de ralentissement, et de plus en plus de pays ont pris des mesures drastiques pour en limiter l’usage, voire pour les interdire. Que s’est-il donc passé en 2019, et quelle est la suite des événements ?

L’évolution la plus inquiétante est venue des États-Unis, où un éventail de maladies respiratoires graves, et même de décès, supposément liés à ces dispositifs a émergé. L’épidémie a débuté en septembre 2019 et a atteint son point culminant en novembre. À la mi-décembre, 54 décès et 2 506 cas hospitaliers avaient été signalés. La plupart des cas concernaient de jeunes adultes et, au cours des premiers mois, les Centres de contrôle et de prévention des maladies ont conseillé de cesser immédiatement l’utilisation des produits à base de vapotage.

Dans tous les cas, cette épidémie a déclenché une alarme importante sur les risques sanitaires du vapotage, réels ou supposés, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier. Pourtant, au fur et à mesure de l’enquête, il est apparu clairement que ce n’était pas le vapotage de nicotine qui était impliqué. Les détails ont mis du temps à émerger car les substances impliquées étaient en fait des cartouches contenant du cannabis (principalement du tétrahydrocannabinol ou THC). Ces cartouches étaient souvent obtenues sur le marché illicite et, dans certains cas, utilisées par des enfants. Les consommateurs sont donc réticents à avouer ce qu’ils ont consommé.

Une cascade d’interdiction, avec San Francisco comme point de départ

En décembre 2019, le CDC a admis qu’il y avait suffisamment de preuves pour conclure que la plupart des cas de « la maladie de la cigarette électronique » avaient été causés par un additif spécifique dans les produits de vapotage du cannabis, l’acétate de vitamine E, qui peut être nocif lorsqu’il est inhalé. Certains chercheurs et experts de l’industrie du cannabis avaient pointé du doigt cette cause depuis l’été, mais leurs conseils avaient été largement ignorés. Aucun cas similaire n’a été identifié en dehors de l’Amérique du Nord. En France, le vapotage de THC et les additifs vitaminiques sont illégaux et le marché est beaucoup plus étroitement réglementé.

L’épidémie en question a coïncidé avec des rapports faisant état d’une augmentation des taux de vapotage chez les adolescents aux États-Unis, une tendance qui avait commencé quelques années auparavant, mais qui s’est rapidement accélérée. Les critiques ont souligné l’attractivité des arômes de cigarettes électroniques.

La réaction des décideurs politiques a été rapide, d’abord à San Francisco, puis dans plusieurs États américains, qui ont imposé des interdictions de facto sur les ventes, et les grands détaillants ont retiré les produits de leurs rayons. Bien que cette évolution se soit limitée en grande partie aux États-Unis, la couverture médiatique mondiale qui en a résulté a sans aucun doute contribué à la décision d’autres pays de sévir.

L’Inde a annoncé une interdiction formelle, suivie par les Philippines… deux pays qui comptent des millions de fumeurs. Le Canada, où les e-cigarettes ont récemment  été légalisées, a commencé à se retirer de l’approche de réduction des risques et plusieurs provinces ont annoncé des restrictions radicales. Dans la plupart des régions du monde, l’accent est désormais mis sur la protection des jeunes, en particulier des non-fumeurs, contre l’usage de la cigarette électronique. Les 1,4 milliard de fumeurs dans le monde deviennent souvent une considération secondaire, malgré les preuves que les anciens fumeurs et les fumeurs actuels constituent la grande majorité des utilisateurs des e-cigarettes.

Le tabagisme recule dans le monde

Mais alors que l’année 2019 touche à sa fin, les chiffres du tabagisme se montrent encourageants. Pour la première fois depuis les années 1980, l’Organisation mondiale de la santé a indiqué que la consommation de tabac chez les hommes a cessé de croître au niveau mondial. Le taux de consommation chez les femmes a commencé à diminuer.

Les mesures de lutte contre le tabagisme fonctionnent… avec un coup de pouce de l’industrie du vapotage. Il faut dire que les fabricants montrent patte blanche et affichent leur bonne foi. Par exemple, lors de la campagne de lancement de la cigarette électronique luxe S de Vaporesso, l’accent a été mis sur sa cible : les fumeurs qui souhaitent arrêter, et non les non fumeurs et autres fumeurs qui souhaitent « expérimenter ».

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